Comment définiriez-vous votre fonction de CDO ?
Arrivé en décembre 2015, j’ai d’abord défini la stratégie digitale et la mets maintenant en oeuvre. La transformation digitale est un sujet complexe car elle déborde du cadre technologique et touche l’ensemble des fonctions de l’entreprise : la communication et le design, la culture et les modes de travail, ainsi que le métier même de l’assurance. Autrement dit, le digital impose de structurer sa pensée et son action comme un tout, et non comme différents éléments indépendants les uns des autres. La donnée est un atout stratégique qui doit permettre à la Maif de se doter de nouvelles capacités, mais qui impose une évolution en profondeur des systèmes d’information. L’IT doit muter et c’est un sujet avant tout technologique. Mais la digitalisation implique aussi une refonte des interfaces et du parcours client qui prenne en compte l’utilisateur final et ses usages. Dans ce modèle “consumer centric”, acquérir une culture de la vitesse et du design est clé. Enfin, du fait de notre statut de mutuelle, la notion de communauté est un sujet à part entière.
Quelle organisation avez-vous mise en place pour mener à bien cette digitalisation de la Maif ?
Tout le challenge consiste à mettre en place une structure horizontale au sein d’une organisation verticale. Pour favoriser ce fonctionnement en réseau, cinq personnes de la direction digitale jouent le rôle de correspondants dans les services. Par ailleurs, dans la phase actuelle de montée en puissance et d’acculturation au numérique, la collaboration avec la DSI et la DRH est très étroite. Il ne suffit pas de définir la stratégie digitale, mais bien de la mettre en oeuvre, et ce, le plus rapidement possible : pour être efficace et fédérer l’ensemble des collaborateurs, j’ai mis en place un comité de pilotage resserré et transversal.