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Le comité de pilotage et les groupes de travail des États généraux de l’information (EGI) ont publié mi-septembre un rapport de 352 pages qui conclut huit mois de travaux. Y figurent une centaine de propositions, dont 15 particulièrement mises en avant par le comité de pilotage.
Aides à la presse, nouvelle structure interprofessionnelle, pouvoirs renforcés des rédactions, évolution de la réglementation anti-concentration, lutte contre l’omniprésence des plateformes, éducation aux médias… Certaines propositions sont consensuelles au sein du secteur – et même parmi les élus parlementaires -, d’autres sont l’objet de positions opposées. Que ces propositions nécessitent une évolution législative ou réglementaire, ou un “simple” accord interprofessionnel, les différents acteurs qui composent le secteur des médias et de la publicité vont intensifier leur lobbying pour défendre leurs idées et leurs intérêts. En particulier auprès des pouvoirs publics et élus politiques, puisque les premières velléités se dessinent dans la nouvelle législature qui s’est ouverte, et ce malgré les difficultés probables pour trouver des majorités sur certains textes.
Quel bilan les associations représentatives tirent-elles des États généraux de l’information ? Quelles mesures vont-elles soutenir ? Contre lesquelles vont-elles s’opposer ? Quels sont leurs regrets et critiques ? mind Media présente les positions et axes de lobbying de la douzaine d’associations et organes représentatifs du secteur, après les avoir interrogés ou à partir de communiqués publiés. Le SRI (les régies éditeurs), l’Apig (les éditeurs de quotidiens) et le Bureau de la radio (les radios privées) n’ont pas souhaité prendre position publiquement. Le consensus est parfois difficile à trouver au sein de certains organes.
Les principaux points de convergence :
Plusieurs dispositions phares reçoivent une large approbation dans les organes professionnels, ou ne suscitent pas d’opposition. C’est le cas des propositions faisant du soutien aux modèles économiques des médias une priorité, avec son corollaire, la régulation des pouvoirs des plateformes : renforcement de la concurrence dans la publicité (proposition 12), interopérabilité des outils, transparence et ouverture des algorithmes (proposition 11 du comité), distribution obligatoire et visibilité accrue des contenus des médias d’informations (proposition 13), etc. Le renforcement de l’éducation aux médias et à l’information (proposition 1) et la lutte contre la désinformation (proposition 2) bénéficient également d’un large consensus.
Les principales divergences :
À l’inverse, parmi les points clés du rapport des EGI qui suscitent des oppositions importantes figurent les propositions de taxation publicitaire (une “contribution obligatoire”) des grandes plateformes (proposition 8), à laquelle l’UDM et Alliance Digitale s’opposent. La création d’une nouvelle responsabilité pour les entreprises, la “responsabilité démocratique” (proposition 7), qui viendrait compléter la RSE pour obliger les annonceurs à communiquer la proportion de leurs investissements réalisés sur les médias – avec l’espoir que cette transparence conduise à un fléchage plus important des budgets publicitaires des annonceurs vers les médias -, suscitent également l’opposition de l’UDM. Notons que les divergences dépassent les lignes traditionnelles entre éditeurs d’informations et vendeurs publicitaires d’un côté, agences et marques de l’autre : l’Udecam soutient en effet les deux propositions mentionnées.
SNPTV : “L’importance cruciale de la publicité”
Interrogé par mind Media, le Syndicat national de la publicité télévisée (SNPTV) retient les initiatives du rapport visant à une meilleure transparence publicitaire.
“Fruit de neuf mois de travaux approfondis, ce rapport met en lumière l’importance cruciale de la publicité dans le financement de l’information, tout en soulignant la nécessité de préserver ces financements pour garantir un espace public informé et diversifié. Le SNPTV partage l’inquiétude exprimée par les membres des EGI face aux risques pesant sur l’information, et la création culturelle, à l’ère des réseaux et de l’intelligence artificielle. Nous saluons les recommandations visant à garantir une transparence accrue dans les pratiques publicitaires, notamment à travers la proposition de soutenir les efforts des annonceurs en créant une responsabilité démocratique. En effet, les initiatives de ce type permettront de renforcer la confiance dans le financement des médias, tout en préservant leur vitalité nécessaire à notre démocratie. Le SNPTV s’engage à collaborer avec l’ensemble des parties prenantes pour promouvoir ces objectifs.”
SEPM : “Restaurer et pérenniser le modèle économique de la presse”
Le Syndicat des éditeurs de presse magazine (SEPM) a insisté dans un communiqué sur le besoin de rééquilibrer le secteur des médias :
“Le SEPM se réjouit de constater que la recherche de solutions pour lutter contre le déséquilibre de plus en plus menaçant entre la presse et les GAFAM tient une place majeure dans la réflexion des États généraux de l’information. Le SEPM sera attentif aux suites données dans les prochains mois aux pistes les plus porteuses développées dans le rapport. Devant ‘l’urgence démocratique’ mise en lumière par ces travaux, toutes les solutions qui visent à restaurer et pérenniser le modèle économique de la presse nous semblent devoir être urgemment étudiées par les pouvoirs publics, dans l’intérêt du débat démocratique et de tous les citoyens de notre pays.”