Social Commerce : Quand les réseaux sociaux deviennent des acteurs du e-commerce et du paiement intégré

Image à la une de l'article Social Commerce : Quand les réseaux sociaux deviennent des acteurs du e-commerce et du paiement intégré
Les moins de 25 ans trouvent leur inspiration sur les réseaux sociaux et y font leur shopping. Facebook et ses concurrents facilitent leur passage à l’acte. Ils proposent aux commerçants d’y tenir boutique (Facebook Shops) et d’y animer des émissions de vente à distance en direct (live shopping). Selon Mark Zuckerberg, le potentiel du Social Commerce est “explosif“. Les solutions de paiement intégrées (comme Facebook Pay) devraient alors se développer.
Cet article vous est proposé gratuitement par la rédaction.
Lancez votre essai gratuit de 15 jours pour découvrir l’ensemble de nos contenus

Avec la génération Z (née entre 1997 et 2010) qui navigue sur les réseaux sociaux pour faire son shopping, les retailers doivent ajouter une corde à leur arc : le Social Commerce. Les formules varient : vitrines nommées « Facebook Shops » sur Facebook, images « shoppables » activant des liens de redirection vers des fiches produits comme sur Instagram, épingles de « produits achetables » sur Pinterest, ou le « #Challenge Plus » sur Tik Tok. Le principe est toutefois le même. Avec le Social Commerce, l’expérience d’achat du consommateur se fait directement sur les plateformes de médias sociaux (Facebook, WeChat, TikTok). 

Les réseaux sociaux se muent en véritables acteurs de l‘e-commerce. Ils proposent un parcours d’achat spécifique qui va jusqu’au panier (« add to cart ») et au règlement de la transaction. Les marchands ne sont pas seulement des retailers, mais aussi des indépendants, des TPE, des marques qui pratiquent le direct-to-consumer. Et les formules de vente sont parfois très novatrices. L’exemple du livestreaming en témoigne. Ces émissions de vente diffusées en direct et animées par des influenceurs, dont la vogue vient de Chine, permettent d’atteindre des taux de conversion de l’ordre de 12 à 14 %, bien supérieurs à ceux de l’e-commerce. Selon Contentsquare, en 2021, le taux moyen de conversion de l’e-commerce, toutes catégories confondues, était de 2,96 % en moyenne et de 6,8 % pour la grande distribution (étude réalisée dans 25 pays).

Le Social Commerce s’est offert une place de choix pour de multiples raisons : fluidité du parcours client, rapidité de l’achat à distance, conversations avec les marques via les messageries, inspiration puisée auprès des influenceurs et des pages officielles des marques ou des enseignes… Spécialement en Chine, où l’e-commerce s’est développé en intégrant « nativement » les réseaux sociaux (WeChat, Douyin, TikTok). Les consommateurs chinois se sont massivement convertis aux achats sur mobile, grâce à la super app WeChat (et sa fonctionnalité de paiement WeChatPay) qui permet d’effectuer toutes les étapes du parcours client (découvrir, choisir, payer en ligne) en boucle fermée. En 2021, selon Insider Intelligence, 424,4 millions de Chinois ont acheté pour US$ 351,6 milliards de marchandises sur les réseaux sociaux. Un chiffre dix fois plus important qu’aux Etats-Unis (US$ 36,6 milliards).

Outre-Atlantique, ce n’est qu’avec la crise du Covid que le mouvement s’est véritablement accéléré. Le groupe Meta (Facebook, Instagram, WhatsApp etc) avait certes créé Facebook MarketPlace en 2017 puis testé l’efficacité des « Buy Button » sur Instagram. S’adressant aux indépendants et aux TPE, coincés pendant le confinement, Mark Zuckerberg a lancé les « Facebook Shops », ces boutiques en ligne intégrées aux pages Facebook des commerçants et des marques. Testée aux USA auprès d’acteurs comme H&M, Zara et Adidas aux USA, cette formule a été rapidement introduite en France, en mai 2020. On recenserait aujourd’hui 1,2 million de Facebook Shops, selon Le Monde.

Pour les retailers et les marques, il est impossible de passer à côté de l’opportunité que représente le Social Commerce. « Il faut aller à la rencontre des consommateurs là où ils se trouvent », soutient Emilie Benoit-Vernay, Head of Southern Europe Expansion chez Shopify qui propose ses services support à des millions d’entreprises dans 175 pays pour créer leur site e-commerce. « Les indépendants et les artistes l’ont bien compris. Ils s’emparent des réseaux sociaux pour vendre leurs créations en direct. Les petites marques digitales, celles que l’on regroupe sous le nom de Digital Native Vertical Brands (DNVB) investissent ce créneau. Quant aux enseignes, elles s’en servent pour élargir leur zone de chalandise ». En France, les acteurs les plus actifs en social commerce sont les DNVB : c’est le cas de Pure Pills (produits d’entretien éco-responsables) et de Oh My Cream (beauté), entre autres. Ces marques ont investi ce mode de communication et de vente, par proximité culturelle autant que par intérêt commercial. 

Pour les retailers plus traditionnels, l’enjeu est de savoir s’adapter à ces écosystèmes qui développent des styles et des codes de communication parfois opposés (vidéos réalistes et très rapides sur TikTok, photos sophistiquées sur Instagram) mais aussi des fonctionnalités de paiement de plus en plus intégrées et éclectiques. Si tous les réseaux sociaux veulent aller vers un système de « check-out » intégré, à ce jour en Europe, ils proposent essentiellement des liens qui redirigent vers la page produit du marchand, qu’il soit indépendant, grande marque ou enseigne avec une option d’achat immédiate. Pour réaliser la transaction, le retailer s’appuie sur les solutions clés en main fournies par les partenaires e-commerce de ces mêmes réseaux sociaux, comme par exemple Shopify, partenaire de Facebook, Instagram, Pinterest et TikTok. Ce spécialiste de la création de sites Web facilite le passage du e-commerce au Social Commerce : ses solutions intègrent les catalogues des vendeurs sur les boutiques des réseaux sociaux (Facebook Shops, Instagram Shopping), synchronisent les stocks et proposent divers moyens de paiement. 

A ce jour, Facebook Pay, le système de check-out intégré de Facebook n’est pas disponible en France. Or, cette « brique » est essentielle. Elle présente l’avantage pour le réseau social de conserver les acheteurs dans son écosystème, de bout en bout, y compris au moment où les données bancaires sont collectées. En toute logique, et conformément à une stratégie dite de « jardin fermé » menée par les Gafa, Facebook devrait donc franchir le pas.

Du côté des retailers, un autre frein se pose en termes de transformation omnicanale. Pour les enseignes traditionnelles que nous avons interrogées, le social commerce est une étape supplémentaire dans leur transformation omnicanale. Et beaucoup disent préférer conserver la donnée de paiement chez eux, pour ne pas augmenter encore leur dépendance par rapport aux GAFA. Après une nécessaire phase d’observation, ces enseignes vont néanmoins devoir accélérer sur l’adoption du Social Commerce pour conserver le lien et leur pertinence avec leur audience. Car à l’échelle mondiale, le cabinet Accenture estime que les transactions sur les réseaux sociaux devraient tripler en 2025 pour atteindre US$ 1 232 milliards (contre $492 milliards en 2021). A cette date, ce canal représentera 17 % de l’e-commerce, contre 10 % aujourd’hui.

Vous avez une information à nous partager ?
Nos autres services
Research
La réalisation d'études sur-mesure : benchmark, panorama, newsletter personnalisée, contenus en marque blanche.
En savoir plus
Events
Des conférences d'une demie journée dédiées aux problématiques du secteur et ouvertes à l'ensemble de l'écosystème.
En savoir plus
Ce que vous devez absolument lire cette semaine
Les contenus essentiels de la semaine sélectionnés par la rédaction.
Voir tout
Analytics en magasin : l’Américain Form rachète la licorne israélienne Trax 
Le 5 février 2025, la start-up israélienne Trax fondée en 2010 par Joel Bar-El et Dror Feldheim, a annoncé sa fusion avec Form pour développer l’analyse...
[Résultats Amazon] L’e-commerce dopé par l’IA et la publicité portent Amazon en 2025, mais le pari cloud questionne 
Porté par l'e-commerce, la marketplace, le cloud et la publicité - quatre entités ayant généré chacune plus de 12 milliards d'incrémental en 2025 - Amazon a terminé l’année avec des fondamentaux...
IA et relation client : en France, 18% des entreprises ont déjà lancé des projets agentiques
Alors que la bascule vers le commerce agentique est initiée depuis plusieurs mois, le cabinet de conseil AI Builders a dévoilé, en exclusivité à mind Retail, une étude sur la désintermédiation de...
Avec 276 magasins et des accords exclusifs avec L’Oréal et Nike, Nykaa accélère son virage omnicanal
Influence via Youtube et Snapchat, exploitation de la data, retail physique, partenariats avec des marques internationales: en Inde, Nykaa bascule d’un modèle de pure player vers une plateforme...
Les articles les plus consultés du mois sur mind Retail
Ce sur quoi les lecteurs cliquent le plus le mois dernier.
Ce sur quoi les lecteurs cliquent le plus le mois dernier.
1
Retail tech : les grandes tendances 2026
En 2026, le retail n’a plus le luxe de promettre : il doit délivrer. La retail tech est entrée dans le stade de l’exécution. Fin de la course à l’innovation vitrine, place à des priorités claires...
2
Retail media : Klépierre signe avec Seiki pour affiner la mesure d’audience dans ses centres
N°2 européen des centres commerciaux, Klépierre franchit un cap dans la structuration de son retail media : campagnes événementielles doublées en 2025, extension du parc d’écrans géants, accord...
3
Face à l’offensive du Chinois JD.com, Daniel Kretinsky lance une OPA pour verrouiller la gouvernance 
Le 26 janvier, Fnac Darty (CA 2025 non audité : 10,3 milliards d’euros, +0,7% en comparable) a annoncé le lancement d’une offre publique d’achat...
4
Après avoir acquis Salomon, le Chinois Anta veut mettre la main sur Puma
Le 27 janvier, l’enseigne Anta Sports Products (CA S1 2025 : 38,5 milliards de RMB, +14,3%) a fait état d’un projet de rachat de Puma à Artemis, la holding...
5
Analytics en magasin : l’Américain Form rachète la licorne israélienne Trax 
Le 5 février 2025, la start-up israélienne Trax fondée en 2010 par Joel Bar-El et Dror Feldheim, a annoncé sa fusion avec Form pour développer l’analyse...