Quel est le bilan de la consommation en France en 2024 ?
David Lecomte : En 2023, la GMS avait baissé de -1 % en volume mais pris +9,1 % en valeur. En cumul à date à la P10 (période janvier – octobre), le total GMS (HM, SM, proxi, discounters alimentaire et drive) est à +0,2 % en volume et +0,3 % en valeur. Les hypers et les supers baissent, particulièrement les hypers de plus de 7500 m2 (-3,2 % en valeur et -3,6 % en volume). L’e-commerce (drive, hors pure-players, NDLR) est le grand gagnant : il a crû de 6,2 % en volume et de 7,3 % en valeur. Enfin, la proxi résiste bien, à +2,1 % en volume et +2,5 % en valeur. Certes, la proximité a bénéficié d’un effet JO, mais elle était déjà dynamique au S1. Ce circuit bénéficie d’un effet d’expansion et il bénéficie de reports de budget. Aller acheter des sushis au rayon sushis d’une supérette locale, c’est toujours moins cher que le restaurant japonais.
Comment ont évolué les comportements des ménages ?
David Lecomte : Depuis juin, les prix baissent en GMS. Mais malgré la déflation, les arbitrages de budget continuent, même s’ils sont moins marqués qu’en 2023. On le mesure au trafic enregistré; car on va plus souvent en magasin quand son budget est limité, et aussi au nombre de paniers. Sur la période janvier-octobre 2023, le trafic était à +5,9 % et le nombre de paniers à -6,8 %. A la P10 2024, le trafic en magasin est à +0,5 % et le nombre de paniers à -1 % . Autre tendance ? La tendance à aller chercher des prix bas, qui continue. En témoigne la dynamique des MDD, qui prennent des parts de marché aux marques nationales. Et aussi, les catégories de produits les plus achetées, qui étaient, sur la période janvier-octobre, les plus basiques et les moins chères (pâtes, riz, purée, jambon…). A l’inverse, les plats cuisinés frais et les pizzas fraîches reculent car leur prix unitaire est plus élevé.