Contexte
Selon l’étude prospective sur l’aidance publiée en France, en mars 2021, par le think tank Terra Nova et la chaire “Transitions démographiques, Transition économiques”, le nombre de personnes âgées de 65 ans et plus dans l’Union des 27 devrait passer de 89 millions en 2010 à 125 millions en 2030 (+ 40%) et celui des 80 ans et plus pourrait être multiplié par trois d’ici 2060. Cet allongement de la durée de vie a pour corollaire une progression constante du nombre de personnes dépendantes estimé à 38,3 % en 2030 et à plus de 50 % en 2060, contre 25,9 % en 2010. Mais, il a aussi pour conséquence une augmentation du nombre de salariés en charge d’un parent dépendant. Selon cette étude, plus de la moitié des aidants sont actuellement en activité. Un phénomène qui se retrouve également un peu partout dans le monde.
Enjeux
La question de la reconnaissance des aidants familiaux et de la conciliation de leur activité d’aidant avec leur vie professionnelle se pose donc avec de plus en plus d’acuité, d’autant que le phénomène représente un coût caché important pour les entreprises, si l’on prend en compte l’absentéisme, la désorganisation des équipes, le turn-over et la perte d’expertise qui en résultent. En effet, une mauvaise prise en charge des salariés aidants coûte cher aux entreprises en pertes de productivité, précise France Stratégie : 1 500 euros par an et par salarié dans les pays anglo-saxons selon des estimations récentes. Inversement, les entreprises qui ont mis en place des dispositifs d’accompagnement des aidants déclarent 69 % de gains de productivité selon l’étude “Supporting Working Carers” (2013) citée par l’institution.