Sans attendre la mise en œuvre de la réforme des retraites, plusieurs entreprises ont négocié avec les syndicats de nouveaux accords afin de prendre en compte le recul de l’âge légal de départ à 64 ans et faciliter le maintien en emploi des salariés les plus âgés. Le sujet est abordé dans des accords de négociations annuelles obligatoires (NAO), de gestion des emplois et des parcours professionnels (GEPP), d’égalité professionnelle et de qualité de vie au travail ainsi que dans des contrats de génération. Mais il a aussi fait l’objet de négociations spécifiques qui ont donné lieu à la signature de plans ou d’accords seniors, voire de dispositifs d’aménagement de fin de carrière. mind RH s’est donc intéressé plus particulièrement à ces derniers. Nous avons recensé 19 accords et avenants de ce type, dont 13 axés essentiellement sur l’aménagement des fins de carrière, sur les 74 textes traitant de l’emploi des seniors signés entre le 1er janvier et la publication des décrets d’application de la réforme, le 11 août dernier.
50 ans, l’âge charnière
Le recul de l’âge de la retraite de 62 à 64 ans implique que les entreprises gardent plus longtemps leurs salariés seniors en activité. Pour autant, l’âge à partir duquel un salarié est considéré comme senior varie parfois d’une entreprise à l’autre. Plutôt que de parler de “seniors”, le groupe aéronautique Safran préfère, quant à lui, utiliser désormais le terme “salariés expérimentés”, une population qu’il situe à partir de 50 ans (soit 13 500 des 44 000 collaborateurs de l’entreprise en France). Pour un grand nombre d’employeurs, l’anticipation de la deuxième partie de carrière commence dès cet âge. Un second moment important intervient ensuite à partir de 55 ans. Il correspond à une période considérée par les entreprises comme une “transition entre la vie professionnelle et la retraite”. Des informations sur les dispositifs dédiés au sein de l’entreprise et des préparations à la retraite sont généralement proposées à ce moment-là afin de permettre aux collaborateurs d’anticiper leur cessation d’activité. Dell France envisage même de lancer des conférences autour de la gestion et du bien-être financier individuel, ainsi qu’un guide d’information sur la retraite. Tous les collaborateurs pourront également accéder à un site d’information contenant des fiches pratiques sur les démarches administratives, des réponses aux questions générales sur la retraite en France ainsi qu’à un outil de simulation.