Beaucoup de retailers du CAC40 n’ont pas fini la première étape de la CSRD, à savoir l’analyse de la double matérialité… Où en est le secteur du retail sur ce sujet ?
Ghislain Boyer : La CSRD est un processus égalitaire pour toutes les entreprises européennes, avec 4 vagues successives. Les groupes cotés, de plus de 500 salariés et € 40 millions de CA ou € 20 millions de total de bilan, ont tous commencé en même temps, avant l’été 2023 (les modalités d’application sont détaillées ici, ndlr). En effet, pour ceux clôturant leur exercice au 31 décembre, le premier rapport doit paraître au 1er janvier 2025 et donc intégrer les données de la période ayant commencé au 1er janvier 2024. Le rapport CSRD sera publié en même temps que le rapport de gestion, pour une concomitance des données financières et extra-financières. La première année, 2025, s’annonce comme un jeu de poker, pendant lequel tout le monde va abattre ses cartes en même temps. Cela devrait normalement se normer en 2026. Le texte prévoit que les auditeurs auront une durée de 3 ans pour augmenter leur niveau d’exigence d’assurance. Cela veut dire qu’après deux ans de test, en année 3, on ne rigole plus : il faudra produire le rapport avec une fiabilité optimale. Ce texte est suffisamment évolutif d’une part, et contraignant d’autre part, pour permettre une montée en puissance de l’ensemble de l’écosystème.