De quelle manière le groupe Schneider Electric aborde-t-il le sujet de l’emploi des seniors ?
Nous avons commencé à nous pencher sur le sujet des seniors il y a deux ans. À mes yeux, c’est l’un des sujets les plus complexes à appréhender dans le cadre d’une politique de gestion des ressources humaines. D’abord, parce que l’on ne peut pas l’aborder de la même façon partout dans le monde. C’est un thème profondément marqué par des différences culturelles et géographiques. Par exemple, au Japon, certaines personnes continuent de travailler à 80 ans, alors qu’en Chine on part à la retraite à 55 ans ; aux États-Unis il est interdit d’évoquer l’âge dans un cadre professionnel, tandis qu’en France on en parle assez librement alors qu’on ne peut a contrario évoquer de statistiques ethniques, car c’est interdit chez nous, et ainsi de suite. C’est un sujet à appréhender avec beaucoup d’humilité. Ensuite, la tendance au politiquement correct complique encore un peu les choses. Aujourd’hui, notamment en France, on ne parle plus de seniors mais de travailleurs expérimentés. Cela montre bien à quel point le vocabulaire évolue, souvent pour éviter les connotations négatives, mais cela peut aussi rendre le débat plus flou.
Comment le sujet est-il venu sur la table ?
Nous avons commencé à nous intéresser au sujet parce qu’à un certain moment nous avons réalisé plusieurs acquisitions, notamment d’entreprises américaines. Et nous nous sommes rendu compte que certains salariés continuaient à travailler jusqu’à 70 ans, parfois même au-delà et sans qu’aucune succession n’ait été réellement anticipée.