Contexte
Alors que le déploiement de l’IA s’accélère, les annonces de réductions d’effectifs se multiplient aux États-Unis mais aussi en Europe. Après les géants américains de la Tech, de grandes entreprises du secteur de la banque et de l’assurance n’ont pas hésité à mettre en avant leur investissement dans la technologie pour justifier des réductions de postes. C’est le cas notamment de la banque britannique Standard Chartered (81 000 salariés), qui a annoncé la suppression de 8 000 emplois au Royaume-Uni d’ici 2030, du groupe bancaire néerlandais ING (15 000 personnes aux Pays-Bas), qui envisage de se séparer d’environ 950 salariés d’ici le 31 décembre 2026, ou encore de l’assureur allemand VHV Gruppe (4 600 salariés). L’objectif affiché de ce dernier est de renforcer l’utilisation de l’IA pour limiter les remplacements et faire reculer de 20% ses effectifs à l’horizon 2030-2031. D’autres grandes entreprises de différents domaines d’activité ont également entamé des processus similaires, notamment dans les télécom. Dès 2023, le numéro un britannique du secteur, BT (80 000 salariés), annonçait le remplacement de 10 000 emplois par de l’IA au Royaume-Uni, tandis que son homologue espagnol Telefónica (15 000 salariés) a conclu récemment avec les syndicats un plan de restructuration prévoyant entre 4 500 et 5 500 départs volontaires au sein de ses sept filiales jusqu’en 2030.
D’après une étude publiée en février 2026 par Goldman Sachs Research, 300 millions d’emplois dans le monde pourraient être impactés par l’intelligence artificielle d’ici 10 ans. Toutefois, selon ses auteurs, la plupart d’entre eux ne seront que “partiellement exposés à l’automatisation et donc plus susceptibles d’être assistés que remplacés par l’IA”. Ils rappellent par ailleurs que les métiers supprimés par l’automatisation ont toujours été compensés par le passé par l’émergence de nouvelles professions. Ce que pronostiquait déjà le rapport de l’OCDE sur les perspectives de l’emploi en 2023. Le rapport sur l’emploi 2025 du Forum économique mondial, quant à lui, prévoit un impact net positif sur l’emploi de 78 millions de postes d’ici 2023 à l’échelle mondiale.
Enjeux
Des métiers à réinventer. Investir dans l’intelligence artificielle permet aux entreprises d’automatiser les tâches répétitives, d’améliorer la productivité et de renforcer leur compétitivité. Son adoption à large échelle bouleverse toutefois la façon de travailler. Elle accélère le rythme de travail, transforme l’organisation et les conditions de travail, redessine les métiers et rend aussi certains obsolètes, ceux dont les tâches sont les plus facilement automatisables.