Le recul progressif de l’âge de départ à la retraite engagé dans la plupart des pays d’Europe se poursuit avec, pour corollaire, une augmentation plus ou moins sensible du taux d’emploi des salariés de plus de 55 ans selon les pays. En ligne de mire, pour la majorité d’entre eux, un âge fixé à 65 ans en 2031. Le Danemark, dont l’âge légal de départ à la retraite se situe actuellement à 67 ans, place la barre encore plus haut puisqu’il a prévu de le repousser jusqu’à 69 ans. Seule la Grèce (avec 40 ans d’assurance) et la Norvège (à condition de pouvoir prétendre à un certain montant de pension) maintiendront la possibilité d’un départ à 62 ans, hors retraite anticipée. L’objectif du recul de l’âge de la retraite est le même partout : relever le défi des changements démographiques afin d’assurer la viabilité financière des systèmes de retraite.
Un impact direct sur le taux d’emploi des seniors
“Augmenter l’âge de départ à la retraite ou le nombre d’années où il faut travailler pour avoir droit au taux plein est le facteur numéro 1 de l’augmentation du taux d’emploi des seniors. On l’observe notamment en France à la suite de la réforme de 2010 avec le passage de l’âge légal de départ de 60 à 62 ans”, explique l’économiste Stéphane Carcillo, chef de la division emploi et revenus à l’OCDE. Le changement de curseur entraîne des modifications dans les comportements des personnes de 55 ans ou plus qui se “mettent en capacité de se maintenir en emploi”, mais incite également les employeurs à maintenir les plus âgés dans l’emploi, précise-t-il.