Alors que la seconde main s’impose dans la mode (Vinted absorbe 12,6 % des vêtements achetés en France au S1 2023 en volume), les retailers de meubles, avec leurs produits encombrants donc chers à déplacer, font face à un autre défi concernant le réemploi des articles « non neufs ». Pendant longtemps, ils ont externalisé ce dossier (qui inclut la valorisation des retours mais pas seulement) à des acteurs comme Veepee (destockage), laissaient les particuliers revendre leurs meubles d’occasion sur Le Bon Coin, et donnaient les produits abîmés à des associations. Aujourd’hui, ils se le réapproprient. Depuis le 1er janvier 2022 (loi AGEC), ils n’ont plus le droit de détruire leurs invendus. Ils doivent aussi fournir à leurs clients des pièces détachées. Au lieu de vendre ces produits à prix bas chez un destockeur comme Noz, ils cherchent désormais à les revendre de la meilleure manière possible.
Dans le meuble, l’enjeu des retours est récent, car l’e-commerce s’y est développé plus tardivement. Contrairement à la mode et à l’électronique, où les produits ont un code-barre et sont faciles à livrer dans les boîtes aux lettres. Si en Europe, le taux de retour moyen est de 25 % en moyenne (tous secteurs confondus), il est chez les pure-players de meubles d’environ 5 % en volume. Résultat, là où un Zalando et un Zara ont pris le sujet à bras le corps depuis plusieurs années, « l’enjeu des retours est resté marginal pour les retailers d’ameublement et de produits encombrants (jardineries…), du moins jusqu’au Covid, moment où l’e-commerce a réellement décollé, résume Olympe Chabert, CEO de Smartback. Le raz de marée financier des retours date d’environ 3 ans. Résultat, depuis quelques mois, ces acteurs renforcent leurs organisations avec la création de postes de Directeur Reverse Logistics, comme on l’a vu chez Maisons du Monde, ManoMano, Vente-Unique et CDiscount… ».
Enfin, le réemploi dans le meuble est rarement synomyme de rentabilité. C’est le cas chez Vitra, où certains meubles gagnent de la valeur avec le temps. « En vieillissant, un long chair va gagner de la valeur, indique Karin Grintz, Directrice Générale.