CONTEXTE
Après bientôt deux ans de Covid, le rôle des magasins dans le retail unifié ne fait plus débat.
Pourtant, les réseaux indépendants, qui forment plus d’un tiers du retail en France, affichent du retard. Pour eux, se pose en effet la question d’un partage de valeur équitable entre la tête de réseau et les indépendants, sur divers aspects : données client, rétribution du CA digital, animation du réseau… Comment embarquer les indépendants (franchisés, adhérents…) dans un commerce unifié et comment répartir la marge ? Comment allouer les ressources le plus efficacement possible, pour accélérer le déploiement du retail unifié ?
PANORAMA
Longtemps, les têtes de réseau ont considéré l’e-commerce comme un eldorado qu’elles géraient par elles-mêmes, sans le partager : celui-ci pesait « le CA d’un ou deux gros magasins », disait-on encore récemment. Mais depuis le Covid, elles ont réalisé qu’elles avaient plus à gagner en s’appuyant sur les magasins. « Depuis 2 à 3 ans, il y a un meilleur partage de valeur, observe Julien Siouffi, expert franchise chez Axe Réseau. On voit de moins en moins de têtes de réseau faire cavalier seul, car elles ont compris que les chiffres « online » étaient meilleurs en intégrant les magasins. Les seules exceptions restantes sont les réseaux dans lesquels la part des succursales est supérieure à celle des franchisés ». Des enseignes comme John Lewis (RU, 75 % de ventes en ligne en 2021) ou Yves Rocher (France) mesurent parfaitement le CA additionnel généré en magasin lors du retrait des commandes Web. C’est gagnant-gagnant : l’e-commerce anime le magasin, et le magasin génère du CA additionnel.