Allemagne : adoption d’un projet de loi « sur l’unité syndicale », très défavorable aux petits syndicats

Le projet de  « loi sur le rétablissement de l’unité syndicale » dans les entreprises (Tarifeinheitgesetz), annoncé il y a déjà quatre ans et très débattu depuis, a été adopté jeudi 11 décembre en Conseil des ministres. L’objectif du texte est de limiter la concurrence syndicale au sein d’une entreprise, mais aussi d’empêcher que de petits syndicats corporatistes puissent bloquer toute une entreprise ou tout un secteur, comme ce fut récemment le cas dans les chemins de fer et le secteur aérien. Pour ce faire, la loi interdit que deux syndicats puissent négocier deux accords collectifs différents pour le même groupe professionnel. En cas de litige, l’avantage est donné à l’accord collectif du syndicat ayant le plus d’adhérents dans l’entreprise. Dans le même temps, ceci revient de facto à limiter le droit de grève des petites organisations, ce qui est contraire à la Constitution. Le syndicat des fonctionnaires (dbb) a déjà annoncé le dépôt d’une plainte devant le Tribunal fédéral constitutionnel. Interrogée par Planet Labor, la professeure de droit du travail Lena Rudkowski commente la nouvelle loi qui, selon elle, sera difficilement praticable et occupera avant tout les tribunaux.
Cet article vous est offert gratuitement par la rédaction, car vous êtes actuellement en période d'essai.
Vous avez accès à nos contenus pendant 1 mois.

Une loi simple en apparence, pour limiter les conflits sociaux disproportionnés. Le projet de loi adopté jeudi 11 décembre en conseil des ministres est simple. Il se limite à trois courts articles qui modifient la Loi sur les accords collectifs (Tarifvertragsgesetz),celle sur la représentation des salariés dans l’entreprise (Betriebsverfassungsgesetz) et celle sur les tribunaux du travail (Arbeitsgerichtsgesetz). L’objectif du texte est de venir corriger une bonne fois pour toutes la jurisprudence adoptée par le Tribunal fédéral du travail en juin 2010 (dossier 4 AZR 549/08). A l’époque, et contre l’usage jusqu’alors répandu, les juges fédéraux avaient décidé qu’il était possible que deux syndicats négocient en même temps deux accords collectifs pour le même groupe professionnel et se retrouvent ainsi en concurrence directe.

Vous avez une information à nous partager ?
Nos autres services
mind Research
Décider : un service de recherche et de market intelligence sur mesure pour alimenter vos analyses et appuyer vos prises de décisions.
En savoir plus
mind Ads
Communiquer : des dispositifs sur mesure pour maximiser votre visibilité et engager une communauté de professionnels qualifiés.
En savoir plus
Ce que vous devez absolument lire cette semaine
Les contenus essentiels de la semaine sélectionnés par la rédaction.
Voir tout
Royaume-Uni : les syndicats bénéficient désormais d’un droit d’accès légal à l’entreprise
L’info. Depuis le 30 octobre, les syndicats britanniques (certifiés indépendants) peuvent accéder physiquement aux locaux des entreprises de plus de 21 salariés...
Espagne : les entreprises de la métallurgie réduisent les compléments de salaire en cas d’arrêt maladie
Pour freiner l’absentéisme, les partenaires sociaux espagnols du secteur de la métallurgie introduisent de nouvelles clauses dans les conventions collectives régionales pour réduire la part...
Espagne : de nouvelles règles de réduction du temps de travail pour soins aux proches
L’info. Le gouvernement espagnol a publié le 21 octobre un décret-loi royal, entré en vigueur le 23 octobre, facilitant les aménagements du temps de travail pour...
France : après l’essor post-Covid, les grandes entreprises réduisent la voilure sur le télétravail
Dans le contexte de l’après-pandémie, les grands groupes français ont multiplié les accords de télétravail généreux avant d’infléchir la tendance dès 2024. Quelle est l’ampleur du phénomène ? mind...
Les articles les plus consultés du mois sur mind RH
Ce sur quoi les lecteurs cliquent le plus le mois dernier.
Ce sur quoi les lecteurs cliquent le plus le mois dernier.
1
La banque britannique Barclays supprime 5 000 emplois pour investir dans l’IA
Le groupe bancaire Barclays annonce la suppression de 5% de ses effectifs mondiaux d’ici la fin de l’année. Outre des résultats trimestriels décevants, Barclays entend surtout dégager les fonds...
2
Allemagne : le recrutement hors UE reste marginal malgré la réforme de l’immigration qualifiée
L’Info. Près d’un an et demi après l’entrée en vigueur de la “loi sur le développement de l’immigration qualifiée”, seules 4%...