Lire le résumé
- Pour favoriser un meilleur équilibre entre vie professionnelle et vie personnelle, les grandes entreprises françaises se sont largement emparées de la question du télétravail. Entre 2020 et 2026, les 223 sociétés de notre panel ont signé 326 accords et avenants portant sur ce sujet.
- Dans le contexte apparu avec la pandémie de Covid-19, elles se sont montrées de plus en plus généreuses, proposant jusqu’à 2,3 jours de travail à distance en moyenne en 2023. Les années 2024 et 2025 ont marqué un tournant, avec un reflux progressif du volume hebdomadaire.
- Ce mouvement a été amplifié par le choix de certains employeurs de réduire les enveloppes de temps autorisés.
En France, le travail hybride s’est installé de manière durable dans les organisations, après sa popularisation forcée par les confinements liés au Covid-19. En 2024, il concernait 27% des salariés, au-dessus de la moyenne européenne (24%) selon Eurofound. Une étude dédiée au télétravail publiée en mars 2026 par l’Association pour l’emploi des cadres (Apec) laisse entendre que le télétravail serait plébiscité à la fois par ceux qui en bénéficient et ceux qui les emploient : pour les cadres, qui sont les plus concernés, la liberté de choisir son organisation du travail est le deuxième élément le plus cité parmi les avantages du statut, devant la rémunération ; les grandes entreprises reconnaissent également son intérêt pour la productivité (61%) et la qualité de vie au travail (87%). Dans un accord signé en décembre 2024, Safran Aircraft Engines indiquait par exemple que “le télétravail a un impact positif sur l’adéquation vie professionnelle-vie personnelle et favorise une meilleure qualité de vie et de bien-être au travail” de ses salariés.
Pourtant, les exemples d’organisations revenant en arrière se multiplient ces derniers mois, après un premier mouvement mondial initié en 2023 par Amazon, Lyft, Apple, Meta, Starbucks, Google ou encore Disney. En France, Société Générale est revenue en juin 2025 de manière spectaculaire sur sa politique en dénonçant l’accord en vigueur pour réduire de manière unilatérale le rythme de trois jours par semaine à un jour. Le changement est effectif depuis début octobre 2026. Massivement mis en place et intégré dans des accords dédiés dans la foulée du Covid-19, le télétravail reste pourtant un sujet prégnant de négociation collective en 2025, puisque le Groupe Alpha a relevé seulement 5% de textes en moins par rapport à l’année précédente (918 pour l’ensemble des entreprises, toutes tailles confondues, l’étude n’est pas encore publique).
Nous avons analysé 326 accords de télétravail, signés entre 2020 et juin 2026 par 223 grandes entreprises et leurs filiales (voir méthodologie). Les organisations de notre panel se sont montrées particulièrement prolifiques sur ce sujet au cours des années qui ont suivi la crise liée au Covid-19, puisqu’elles en ont signé 63 en 2020 et 99 en 2021. Le rythme a ensuite ralenti, avec 73 paraphes en 2022 et une trentaine au cours des trois années suivantes.