Véritable serpent de mer du monde du travail mexicain depuis plusieurs années, la question de la régulation de l’outsourcing (sous-traitance des salariés, ou « terciarización » en espagnol) est entrée dans une phase décisive. Pas moins de 5 projets de loi visant à réguler - voire interdire l’outsourcing, ont été déposés au législatif ces derniers mois. Le plus radical d’entre eux, émanant du sénateur et syndicaliste Napoleón Gomez Urrutia (Morena), a suscité une levée de boucliers de la part du patronat mexicain en assimilant la pratique de l’outsourcing au crime organisé et en prévoyant des peines de prison pour les directeurs d’entreprises y ayant recours. Le gouvernement propose, pour sa part, la création d’un registre national afin de contrôler et de surveiller les entreprises ayant recours à la sous-traitance des salariés, une pratique accusée de favoriser l’évasion fiscale et de fragiliser les droits des salariés.
Afin d’apaiser le débat, le Sénat a convoqué, depuis mercredi 12 février, un « parlement ouvert » consacré au sujet : des auditions d’experts ou des échanges avec les représentants du patronat et du monde syndical sont actuellement organisés pour « écouter les arguments de l’ensemble des acteurs afin de légiférer sereinement » a ainsi expliqué Ricardo Monreal, le président (Morena) de la Chambre Haute.
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