Quels étaient vos objectifs en lançant des négociations pour un accord seniors ?
Au sein de La Poste, notre effectif a en moyenne 49 ans, 30% de notre population a 56 ans et plus donc nous avons une population seniors importante. À ce titre, il me paraissait indispensable que nous nous saisissions du sujet avant que la loi ne soit promulguée, même si nous avons attendu que les partenaires sociaux aient fini de négocier. Nous ne l’avons donc pas subi car nous n’avions pas d’obligation de négocier.
Avec les différents acteurs RH, nous sommes collectivement tombés d’accord sur le constat qu’il n’était pas forcément adapté de parler des seniors comme on parle des jeunes car cela recouvre des réalités différentes. Ces salariés n’ont pas les mêmes aspirations car ils n’ont pas un même métier, pas une même histoire professionnelle ou personnelle. C’est une population particulière, en ce qu’elle a un âge particulier mais ce n’est pas pour autant qu’il faut traiter tous les seniors de la même manière. Cela nous permet implicitement de sortir de la stigmatisation du critère de l’âge. À 55 ans, nous avons des salariés qui ont encore envie de progresser et de se développer. D’autres attendent davantage la retraite. Nous avons donc cherché à proposer des solutions en fonction des besoins. C’est un paradigme particulier car souvent les accords sociaux ont tendance à massifier et ne pas tenir compte de l’individu, or les politiques RH sont plus pertinentes lorsqu’elles le font.
Comment avez-vous opéré cette distinction ?
Il y a trois grandes catégories de personnes parmi les seniors : celles qui ne souhaitent pas évoluer, celles qui veulent accélérer et progresser dans leur parcours et celles qui demandent à alléger leur temps de travail et préparer leur départ à la retraite. Pour ces trois situations, la philosophie de l’accord est sous-tendue par la question de la qualité de vie et des conditions de travail. Nous avons souhaité en particulier tenir compte des postes physiquement sollicitants et nous placer dans une logique d’adaptation aux individus, en insistant sur la soutenabilité du travail.