Le commerce connaît une nouvelle vague de mutations avec l’essor de l’IA. Comment analysez-vous ce tournant ?
Dans la mouvance de l’e-commerce, qui s’est traduit par de nouvelles habitudes d’achat – l’arbitrage s’effectuant en ligne, avant la visite en magasin – l’IA crée une bascule des comportements à un rythme exponentiel. Si 80% des adultes chinois l’utilisent l’IA dans leurs achats, c’est près de 48 % aux USA, 44 % en France et 55% en moyenne mondiale (source McKinsey, ndlr). Le point de contact s’est déplacé : le parcours ne commence plus nécessairement par un moteur de recherche ou la page d’accueil d’un site e-commerce, mais par une interaction avec un agent conversationnel.
Résultat, on passe de la recherche par mots-clés à la recherche par intention, et de l’optimisation de la visibilité d’une marque (SEO) à celle d’un produit individuel (GEO, Generative Engine Optimization). Jusqu’ici, les marques pouvaient compenser un déficit d’information produit par leur notoriété, l’ergonomie de leur site ou des investissements massifs en acquisition payante. Aujourd’hui, ces leviers sont moins efficaces. L’agent ne s’arrête pas au design du site ni aux bannières publicitaires: il confronte instantanément le quoi (la donnée produit) et le combien (le prix). Si un catalogue manque de profondeur, de précision technique ou d’attributs fiables, il va tout simplement ignorer le produit. La donnée produit cesse d’être une simple commodité de gestion. Elle devient le centre névralgique de l’exécution commerciale.