Comment réagissez-vous à l’attitude de certains États qui a conduit à l’absence de majorité qualifiée ?
Il y a eu des demandes de dernière minute de la part de certains États membres plus ou moins en lien avec le sujet lui-même pour diminuer le texte, le vider de certains éléments et augmenter les seuils. Ces positions créent plus de confusion qu’elles n’apportent de solutions. Certains gouvernements ne veulent clairement pas aboutir à un compromis car quand il y a une volonté politique, il y a une issue. Le texte est un compromis sur la base d’un mandat porté par beaucoup de citoyens en Europe, dont la CES qui représente 45 millions de travailleurs et qui fait partie des 150 000 réponses envoyées à la Commission pour sa consultation citoyenne. Le Parlement comme le Conseil ont travaillé à partir de ce mandat et doivent adopter un texte législatif. Ne pas le respecter est inacceptable d’un point de vue démocratique alors que les États membres ont eu tout le temps pour faire valoir leurs points de vue. Mais nous nous mobilisons afin de renverser la tendance. Si le message des politiques à la veille des élections européennes pouvait être que les entreprises ne sont pas juste là pour faire des profits à n’importe quel prix, mais s’engagent dans une démarche de durabilité, dans le respect des personnes et de la planète, ce serait très important.