Société Générale impose une limitation du télétravail à un jour par semaine

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Dans un message adressé à tous les salariés de l’entreprise dans le monde, le directeur général du groupe bancaire Société Générale Slawomir Krupa a annoncé une baisse du plafond de télétravail à un jour par semaine. En plus d’une volonté d’harmoniser les pratiques par rapport à ses équipes commerciales, il défend un besoin d’interaction et de proximité. En France, siège du groupe, les syndicats ont lancé la mobilisation et dénoncent une invitation au départ. 
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Le mail du directeur général Slawomir Krupa, envoyé le 19 juin à 119.000 salariés dans le monde, a fait l’effet d’une bombe. L’annonce de la mesure, qui s’applique déjà aux pays (parmi 60) dans lesquels le télétravail ne dépend pas de la négociation collective, a surpris tout le monde en interne, y compris les instances représentatives du personnel : “Nous n’avons pas été prévenus et il n’y a eu aucune réunion au préalable”, dénonce Johanna Delestré, déléguée syndicale CFDT en France. La limitation du télétravail de deux voire trois jours à un seul par semaine a vocation à être appliquée “rapidement”, selon le message du directeur général. Si la fréquence variait selon les activités, les conséquences sont massives alors que près de 78% des salariés bénéficiaient du travail à distance en 2024. 

Mobilisation en France

En France, la mobilisation contre l’annonce a rapidement pris forme. Dans un communiqué unitaire envoyé aux salariés, la CFDT s’est jointe avec la CGT et la CFTC pour appeler à l’action pour conserver le bénéfice du télétravail. Comme le syndicat majoritaire SNB, les organisations syndicales appellent à une journée de grève le 27 juin. “Nous avons déjà reçu beaucoup de messages de la part de salariés, qui sont inquiets et en colère, c’est ce qui fait que nous avons lancé le mouvement”, explique Johanna Delestré. De manière plus originale, les syndicats appellent à une journée “Tous sur site” le 3 juillet. Elle vise à montrer que les conditions ne sont plus réunies pour accueillir l’ensemble des salariés au minimum quatre jours par semaine. “C’est la problématique du flex office. La dernière commission de suivi de l’accord de télétravail nous a montré que l’entreprise a fait d’importants gains financiers en renonçant à certains bureaux. Le taux de flex office (le taux de postes de travail par salarié, ndlr) inférieur à 0,8 prouve que cela va être tendu”, avance la déléguée CFDT. 

Alors que le télétravail est toujours appliqué en France selon un accord à durée indéterminée signé début 2021, Société Générale doit formellement dénoncer le texte pour avoir le droit de revenir sur la fréquence maximale de trois jours à distance par semaine. Dans ce cas, l’accord d’entreprise continuerait à s’appliquer pendant 15 mois. Après seulement, l’entreprise pourrait imposer ses conditions après consultation des instances représentatives. Le compromis négocié en 2021, qui stipulait qu’au sein de certaines directions, “les caractéristiques d’activité pourraient les amener à en réduire le volume individuel pour certains métiers” (non listés), fait toutefois craindre à Johanna Delestré un contournement de son application dès maintenant : “Cela nous inquiète, nous pensons qu’ils peuvent jouer sur cela et nous avons eu des retours sur des managers qui commencent à recenser les pratiques. Nous avons le sentiment qu’ils veulent aller très vite”, témoigne-t-elle.

Un contexte général

L’annonce de Société Générale suit des changements similaires annoncés récemment par des grandes banques mondiales. Ainsi, HSBC a annoncé en mai un retour au bureau au minimum trois jours par semaine, comme Barclays en janvier. Mais la restriction plus forte à un seul jour de télétravail correspond également à un contexte propre à l’entreprise française : “Le 23 juin, nous avions une réunion sur l’emploi car l’accord en vigueur court jusqu’à fin 2025 et nous n’aurons plus de garanties sur les dispositifs sociaux et l’absence de départ contraint au-delà”, explique Johanna Delestré. Alors que le groupe a connu de nombreuses restructurations en France, les syndicats craignent une nouvelle vague de départs. “Cette annonce nous fait craindre que cela permette au groupe de dégraisser naturellement”, déplore la représentante CFDT. Depuis son arrivée en 2023, le directeur général a fait de la diminution des coûts l’une de ses priorités. L’entreprise bancaire a supprimé 900 nouveaux postes au siège en 2024 et les salariés y ont fait grève, de manière inédite depuis plusieurs décennies, à l’appel des syndicats dans le cadre des négociations salariales en mars 2025. En janvier, sur la base d’une enquête auprès des salariés dont 57% se disaient exposés à un risque de burn-out, le syndicat SNB (lié à la centrale des cadres CFE-CGC), dénonçait le “mal-être alarmant des salariés”. Contactée, l’entreprise n’a pas répondu à nos questions.

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