Le contexte
Dans tous les secteurs, les enseignes font face à des enjeux de disponibilités, liés à la complexité des approvisionnements, qui génère des pertes de CA. Elles doivent mieux sécuriser l’amont, pour éviter des problèmes de disponibilité en bout de chaîne. En parallèle, si l’enjeu des invendus n’a rien de neuf, la pandémie a démontré les risques des supply-chain globalisées et des engagements pris trop en avance.
Avec la fin des restrictions liées au Covid et la tendance inflationniste, les enseignes ont fait face à un changement brutal de demande dès le 2e trimestre 2022, aux USA notamment. Le phénomène va se poursuivre au 1er semestre 2023: elles tentent de liquider les stocks excédentaires à grands renforts de promotions. C’est le cas de Kohl’s, dont les stocks ont bondi de 48 % au T2, de Macy’s, Gap, Bed Bath & Beyond, etc.
A l’approche de 2023, la supply-chain est confrontée à la quadrature du cercle. Elle doit massifier et créer des flux plus programmables, tout en restant agile. Parvenir à sécuriser l’amont, tout en gardant de la flexibilité pour les fins de collection. Mais aussi combiner le « on demand », tout en essayant de transporter moins de choses au dernier moment via l’aérien.
Si le métier des enseignes a longtemps été de vendre, il s’agit désormais d’avoir le bon back office pour vendre. “Le retail, c’est un CA et une structure de coûts, résume Stéphane Lederlé de Nextail. Il faut investir suffisamment, pas seulement pour améliorer la topline, mais aussi dans le back office des opérations”. A l’heure les retailers ont acté dans leur budget 2023 qu’ils ne pourront pas maintenir leur niveau de marge, la supply-chain devient donc un levier de performance. « Optimiser le sourcing pour limiter les invendus est un enjeu majeur, car la marge brute va souffrir le plus au T4 2022 et en 2023, explique Cédric Rossi, Senior Equity Analyst chez Bryan Garnier ». Il s’agit de ne pas produire les articles qui seront invendus.
Relocaliser ou nearshoring. Selon les verticales et les positionnements prix, ces scénarios sont plus ou moins pertinents. « Le redéploiement de la production est devenu nécessaire, face au protectionnisme chinois qui accroît le niveau de risques », résume Arnaud Gangloff, PDG de Kea Partners.