En 2013, l’Organisation Internationale du Travail estimait à près de 21 millions le nombre de victimes du travail forcé dans le monde. En Malaisie, près d’un tiers des quelques 350.000 employés du secteur électronique travailleraient dans des conditions proches de l’esclavage, selon une étude choc publiée en 2014 par l’ONG Vérité*.
Le phénomène d’exploitation se déplace. « Nous avons mené plusieurs campagnes sur ce sujet, notamment auprès des grandes entreprises concernées mais il y a toujours beaucoup de problèmes car l’industrie électronique s’est fortement développée», confirme Pauline Overeem, coordinatrice internationale du réseau GoodElectronics qui milite depuis 2006 pour que les droits de l’homme soient respectés dans cette filière. Et «la situation va empirer car de plus en plus de produits sont issus de l’électronique et que le phénomène d’exploitation se déplace souvent d’un pays à l’autre, prévoit-elle. Le travail forcé peut en plus prendre des formes très différentes. Par exemple, en Chine, il y a ce phénomène du «travailleur étudiant» forcé à travailler comme ouvrier régulier pendant un ou deux ans, juste pour être sûr que son diplôme soit validé.