Les points à retenir :
-Marché des biens de consommation de luxe : – 1 % en 2024 après des années de croissance à deux chiffres, avec des prévisions négatives (entre -2 % et -5 %) pour 2025. (Bain & Co.)
-CA en recul pour LVMH (-2 %), Chanel (-4,3 %) et Kering (-12 %), tandis qu’Hermès tire son épingle (+15 %) et Richemont (+4 %) dans une moindre mesure. Les entreprises ayant le plus augmenté leurs prix ces dernières années affichent des résultats décevants.
-Pression généralisée sur les marges opérationnelles. Seul Richemont améliore son ratio de marge nette. Le top 5 affiche une marge moyenne de 17 %, Hermès domine à 30,3 %.
-Fortes fluctuations de capitalisation boursière : en 2024, chute de 19 % pour LVMH et 40 % pour Kering, contrastant avec +19 % pour Hermès et +17 % pour Richemont.
Alors que le marché mondial des produits de luxe était en croissance continue depuis 2020, – il a crû de 14 % à taux constants en 2021, de 10 % en 2022, et de 8 % en 2023 – il a baissé de 1 % l’an dernier, pour un CA global de € 394 milliards. Un repli qui a été, finalement, moins important que prévu, Bain ayant prédit en novembre 2024 une prévision à -2 % à taux courants. Les derniers reculs enregistrés remontaient à la crise financière de 2009 et au Covid en 2020.
LVMH (CA 2024 : € 84,68 milliards) reste, de loin, le numéro 1 mondial du luxe. Ses ventes sont quatre fois supérieures à celles de son plus proche concurrent, Richemont. Après trois ans de croissance insolente (+44 % en 2021, +23 % en 2022, +9 % en 2023), le groupe dirigé par Bernard Arnault a vu son CA reculer de 2 % à taux constants en 2024. La dernière année de repli remontait à 2020, période à laquelle l’activité avait dévissé de 17 %. LVMH a été pénalisé par l’Asie. Entre 2022 et 2024, la contribution de la zone asiatique est passée de 51 % à 37 % de l’activité totale. En 2024, deux entités ont affiché des ventes en baisse : -3 % pour la mode et la maroquinerie (€ 41,1 milliards, soit 50 % de l’activité) ainsi que les montres et la joaillerie (€ 10,6 milliards).Les deux entités vendant des produits à plus faible valeur faciale – la distribution sélective avec Sephora (€ 18,3 milliards) ainsi que les parfums et cosmétiques (€ 8,4 milliards) ont toutes deux crû de 2 %.
Dans la suite du “top 5”, quatre acteurs se trouvent entre € 15 et € 21 milliards de CA. Mais deux seulement ont terminé l’année dernière en croissance. Hermès, avec un CA de € 15,17 milliards, a fait office d’exception. Son CA a bondi de 15 % à taux constants en 2024. Ceci fait suite à une croissance de 23 % en 2022 et de 21 % en 2023. Les ventes ont crû dans toutes les régions, le Japon et les Amériques affichant la croissance la plus rapide (+22 % à taux constants).