Vous accompagnez nombre d’enseignes dans leurs projets d’IA générative. Quels sont leurs objectifs ?
Jérémie Levy: Toutes les grosses enseignes cherchent, à l’heure actuelle, à utiliser l’IA mieux que leurs concurrents afin de gagner en productivité. Et plus l’IA infuse dans les organisations, plus on voit que l’approche de nos interlocuteurs évolue. Si au départ, l’idée était d’utiliser l’IA générative pour faire du CA additionnel, ils sont de plus en plus dans une approche de réduction des coûts. Il ne s’agit pas seulement de gagner en rapidité, mais de massifier. Tout le monde cherche aujourd’hui à remplacer les tâches chronophages, en particulier celles liées au SEO, au CRM et à la production de contenus en ligne. Avec ces cas d’usages, les ROI arrivent très vite. C’est le cas de L’Oréal, qui sur l’ensemble de ses sites Web, cherche à extraire de la documentation pour de la génération de contenus sur ses fiches produits at scale. Mais aussi de SEB, qui veut lui produire des pages produits plus facilement et optimiser son SEO.
Pourquoi SEB s’est-il penché sur cet enjeu de SEO ?
Charles Letaillieur : Depuis août 2023, nous accompagnons le groupe SEB avec un prototype visant à rationaliser les efforts de référencement naturel (SEO) en automatisant l’analyse du trafic, l’identification des mots clés et la création de contenu. Avec 75 sites e-commerce en activité dans le monde, leurs sites sont caractérisés par un trafic organique faible : le rôle des équipes SEO est de renforcer ce trafic organique, par rapport aux autres sources de trafic, tout en répondant aux bonnes pratiques de référencement dans Google. Fin 2023, nous avons travaillé les pages produits du site Rowenta.fr, en testant des contenus entièrement générés par l’IA générative puis relus par les équipes internes.