S.B. :A l’heure du « bashing » contre les matières synthétiques et le plastique, Vilebrequin a lancé un maillot de bain entièrement fabriqué à base de fil polyester recyclé. Le développement durable est-il au cœur, ou en périphérie, de votre stratégie de marque ?
M.S. : En mai 2019, Vilebrequin a lancé un maillot conçu à 100 % à base de fil de polyester recyclé nommé « Man ». Nous travaillons avec un groupement de 1.500 pêcheurs espagnols collectant, en Méditerranée, les déchets plastiques récupérés dans leurs filets. Au lieu de les rejeter en mer comme ils en avaient l’habitude, ces déchets sont envoyés dans des usines en Espagne et en France pour être retraités puis transformés en fil de polyester 100 % recyclé. Ce maillot, vendu à € 165, est le plus emblématique de notre engagement de développement durable. Nous prenons soin, à notre échelle, du monde maritime, qui est au coeur de l’ADN de Vilebrequin. Le maillot « Man » a les mêmes qualités que le reste de la gamme, les mêmes propriétés de séchage et le même tomber. Il nous a fallu 3 ans de recherches pour arriver à ce résultat car nous ne voulions aucun compromis sur la qualité. Nous commercialisons aussi d’autres produits à base de polyester recyclé (tee-shirts anti UV, certains maillots pour femmes).
Votre démarche durable est-elle un coût ou une source de rentabilité pour Vilebrequin ?
Nous ne réfléchissons pas vraiment de la sorte.