Relation client, création de fiches produits, de contenus créatifs et marketing, prévision des ventes, rédaction de code informatique, chatbots, formation, SEO, supply-chain… Depuis 18 mois, le déploiement de projets opérationnels conduits par l’intelligence artificielle accélère au sein des organisations du retail. Le rendez-vous annuel de Monaco, du 11 au 13 mars, a permis d’en faire le bilan. “La vitesse d’accélération de l’IA est déstabilisante sur cette édition 2025 car tous les trois mois, l’IA fait un bond qualitatif, nous a confié Thierry Lernon, DG marketing, e-commerce et expérience client chez But. C’est très vrai sur la relation client, la création graphique (contenus photos et vidéo plus riches et à moindres coûts) et sans doute l’analyse des données. Lors de la matinée entre décideurs du “before”, tout le monde était d’accord pour dire que le gouffre est là, devant nous, et qu’on ne sait trop comment le prendre. Or, il faut le prendre maintenant, dans les trois à six mois, pas dans un ou deux ans.” Loin des plénières, mind Retail a échangé avec des professionnels du secteur pour qu’ils partagent leur vision de cette problématique.
Thomas Husson, analyste, Forrester
“Si on parle d’IA générative, et pas d’IA prédictive qui existe depuis des années (moteurs de recommandation, prévision des stocks), beaucoup d’acteurs traditionnels sont encore dans une logique de POC, ils ont du mal à pivoter. Tandis que d’autres, dotés de plus de maturité organisationnelle et technologique, déploient à l’échelle. Entre les deux, le fossé va se creuser.
“Ce qui est prioritaire aujourd’hui, c’est l’IA qui a un impact direct sur la bottom line. Dans le retail, le nerf de la guerre, c’est la supply-chain et la capacité à améliorer les ventes (marketing). Actuellement, le prisme est très axé sur la productivité des équipes marketing (production de contenus créatifs à l’échelle, formatages automatisés…) et du service client. Mais pour faire ça, il faut déjà avoir une certaine maturité en termes de ciblage et de segmentation.