La médecine du travail a longtemps été centrée sur les hommes, leur biologie et leurs problèmes, sans tenir forcément compte de l’arrivée massive des femmes dans le monde du travail. Mais aujourd’hui, 12 millions d’Allemandes de plus de 40 ans exercent une activité professionnelle, et leur part sur le marché du travail ne cesse de croître. Or, le changement hormonal s’installe progressivement à partir de 40 ans et peut durer plus d’une décennie. Le symptôme dominant (dans 95% des cas) et souvent mal identifié est la fatigue persistante. De nombreuses femmes se sentent constamment fatiguées, moins résistantes et se plaignent de problèmes de concentration. À cela s’ajoutent bien d’autres symptômes qui apparaissent de manière plus ou moins importante : palpitations cardiaques, épuisement, sécheresse oculaire, infections urinaires récurrentes ou encore bouffées de chaleur, entre autres. Ces troubles ne sont souvent pas associés au début de la ménopause – ni par les femmes concernées elles-mêmes, ni par leur entourage. Souvent, ces symptômes sont attribués au stress ou aux obligations familiales. La suite logique est que la ménopause et ses conséquences restent peu traitées dans l’entreprise.
Une souffrance silencieuse qui conduit à 40 millions de jours d’absence
Dans une enquête conjointe menée en 2025 par kununu, une plateforme germanophone de comparaisons des salaires et des conditions de travail, pas moins de 63% des personnes interrogées déclarent considérer la ménopause comme un sujet “exclusivement” ou “principalement” privé.