travailler dans leur région au même salaire qu’avant. C’est ce qui est en effet prévu dans l’accord collectif qui couvre Vivento (TV Ratio valable jusqu’à fin 2010). Si les salaires versés par les clients de Vivento sont inférieurs aux salaires de ces personnels, dont beaucoup ont gardé le statut de fonctionnaire d’avant la privatisation, Deutsche Telekom paye la différence. C’est toujours mieux que de payer une main d’œuvre à 100 % sans pouvoir l’occuper ni la licencier : « A l’origine, Vivento était l’agence de reclassement de personnel créée dans les années 90 pour gérer les importantes réductions d’effectifs lancées par l’entreprise », explique Jan Jürczyk, porte parole de Verdi en charge de Deutsche Telekom.
Allemagne : pour réguler leurs effectifs en souplesse, les entreprises pérennisent leurs sociétés de reclassement et se lancent dans l’intérim
En 2001, la PSA (Personal Service Agentur) de Deutsche Telekom est rebaptisée Vivento : « Nous avons créé Vivento pour offrir aux gens qui n’ont vraiment plus de perspective d’emploi chez nous, la possibilité de se reclasser dans une autre entreprise ou d’apporter un service à d’autres entreprises », c'est ainsi que René Obermann, Pdg de Deutsche Telekom AG, formulait la raison de vivre de Vivento. Pendant que certains salariés de cette structure de placement sont « prêtés » à la Sarre, d’autres sont allés renforcer les rangs de l’Agence fédérale pour l’emploi ou encore organiser les archives électroniques de tel ou tel entreprise : « Dans l’activité de call-centers, les salaires sont un peu inférieurs à ceux de Deutsche Telekom mais les salaires des fonctionnaires reclassés de DT sont restés les mêmes », explique M. Jürczyk qui assure que si Vivento n’est pas la solution dont aurait rêvé son syndicat, ce n’est pas non plus « une voie de garage ». L’accord collectif complexe qui couvre les salariés de Vivento, 9 600 actuellement, accorde par exemple à ses derniers un statut « semi-interne ». Quand un poste est à pourvoir au sein de DT, ils peuvent ainsi s’y présenter au même titre que leurs anciens collègues. Les chances d’être pris sont évidemment réduites, car Vivento reste avant tout une porte vers la sortie. En 2007, Deutsche Telekom a même réussi le tour de force de vendre à Nokia Systems Networks le département technique de Vivento (Vivento Technical services) et ses 2000 salariés.
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