Quelle est la genèse de cet accord ?
Nous avions un accord historique de préparation à la retraite, datant de 1976, qui était assez novateur puisqu’il permettait aux collaborateurs de passer à temps partiel trois ou quatre ans avant leur départ à la retraite. Au moment de renégocier cet accord, j’ai estimé que c’était l’occasion de nous interroger plus largement sur les besoins et les attentes des collaborateurs et sur la manière de mieux prendre en compte les différents temps de vie. Nous avons donc organisé des ateliers collaboratifs sur l’ensemble de nos sites afin de faire réfléchir les collaborateurs à la question des temps longs et des temps courts dans l’entreprise, à la nécessité de préserver la tradition et la culture du groupe, tout en y apportant une touche de modernité. À partir de cette réflexion, nous avons organisé une sorte de retraite de travail avec le comité de direction et la famille Boiron, qui est très impliquée dans notre politique sociale. C’est à cette occasion qu’a émergé l’idée d’un “compte moments clés de la vie” (CMCV). L’objectif était de créer un dispositif intergénérationnel, capable d’accompagner les collaborateurs dans différentes situations auxquelles ils peuvent être confrontés au cours de leur vie.
Nous avons ensuite fait appel à un courtier pour simuler les coûts. Nous passions en effet d’un dispositif de préparation à la retraite concernant environ 160 collaborateurs, pour un coût d’environ trois millions d’euros par an, à un compte susceptible de concerner jusqu’à 1 400 de nos 1 700 salariés en France.