À l’exception de quelques rares pays comme la Bulgarie et la Roumanie, où les taux d’absentéisme sont faibles et restés stables depuis 15 ans, la plupart des États européens affichent un nombre d’arrêts maladie en augmentation. Les dernières données OCDE « Absence from work due to illness » placent l’Espagne et le Portugal en tête, avec une croissance du nombre de jours d’arrêt maladie de 2,3 points entre 2010 et 2024. L’Espagne affiche par ailleurs le nombre d’absences pour maladie le plus élevé de l’Union européenne, soit 4,9 semaines par an et par personne en 2024. Selon ce même classement, la France se situe à la cinquième place, ex æquo avec le Portugal (4,1 semaines par an et par personne), juste après la Slovénie (4,7).
Des comparaisons internationales difficiles
Franca Salis Madinier, secrétaire nationale CFDT cadres et ancienne vice-présidente du Comité économique, social et environnemental français, attire toutefois l’attention sur le fait que les données, les définitions retenues et les modes de calcul diffèrent d’un pays à l’autre. Si pour cette raison, il n’y a “pas de comparaison possible” selon elle, “la tendance à la hausse est néanmoins une réalité dans tous les pays d’Europe”, confirme-t-elle. Selon la Drees (Direction de la recherche, des études, de l’évaluation et des statistiques), le montant des indemnités versées pour congés maladie dans l’UE est passé d’une moyenne de 860 euros par personne en emploi par an en 2013 à 1 070 euros dix ans plus tard et correspond aujourd’hui à plus de 8% en moyenne du PIB des Vingt-Sept. En 2024, c’est le Luxembourg, où le coût avoisine 3 500 euros par personne en emploi par an, qui se situe à la première place, suivi des Pays-Bas (2 300 euros) et de l’Allemagne (près de 2 000 euros).