Ce règlement a eu un accueil plutôt mitigé de la part des entreprises. Pourquoi ?
Emmanuelle Bartoli. En effet, les entreprises attendaient beaucoup de ce règlement dont l’objectif affiché était d’harmoniser tous les principes applicables en matière de protection des données personnelles. En réalité, plus 50 de ses dispositions renvoient à des guidelines qui devront être élaborées par le Comité Européen de la Protection des données ou par les législateurs européens. Ce règlement ne tient donc pas toutes ses promesses d’harmonisation. Certes, il dessine de grandes lignes communes, mais il n’empêchera pas les spécificités nationales de subsister. A cela s’ajoute que la protection des données est fortement liée à des aspects culturels et le règlement ne les fera pas disparaître. En d’autres termes, les approches anglo-saxonne, allemande ou française ne vont pas être lissées du seul fait de l’adoption du règlement. En effet, son application continuera à reposer sur l’appréciation des autorités nationales de protections des données compétentes.
Claire Toumieux.