Le contexte
Depuis plusieurs années, on observe des niveaux records de détresse psychologique. Selon le dernier baromètre du cabinet Empreinte humaine, réalisé en juin 2023 par Opinion Way, cette situation concernerait 44 % des salariés et même 14 % pour les situations de détresse psychologique élevée. L’année 2022 a été record pour l’absentéisme, de manière particulièrement marquée chez les salariés de moins de 30 ans. Et la santé mentale est même citée comme l’une des causes du rejet des Français de la réforme des retraites, 6 Français sur 10 estimant que leur état psychologique ne leur permettra pas de tenir jusqu’à la fin de leur carrière (sondage OpinionWay réalisé en février auprès de 2 000 salariés).
Ces mauvais résultats sont renforcés par deux phénomènes qui ont percuté le monde du travail ces dernières années : la numérisation et la rapide démocratisation du télétravail, également déclenchée par le Covid-19. “Les outils numériques ont amené à une continuité permanente de la relation au travail, avec une amplitude qui s’est largement étendue. Aujourd’hui on est dans une urgence perpétuelle”, explique ainsi à mind RH Jean-Claude Delgènes, président du cabinet Technologia. Par ailleurs, l’INRS (Institut national de recherche et de sécurité pour la prévention des accidents du travail et des maladies professionnelle) a identifié plusieurs facteurs de RPS liés au télétravail dûs notamment à la charge de travail, à l’isolement, à la perte d’information ou encore au brouillage de la frontière entre vie professionnelle et vie privée. “Il ne faut pas confondre la grande satisfaction que les salariés ont à télétravailler du fait que cela peut avoir un impact sur la santé. Je peux aimer manger McDo tous les jours mais ce n’est pas bon pour ma santé. Même hors crise Covid, on peut voir qu’il y a de nouveaux risques qui, s’ils ne sont pas prévenus, génèrent potentiellement plus de burn out”, analyse pour mind RH le président du cabinet Empreinte Humaine Christophe Nguyen.
Ces nouveaux enjeux d’actualité qui s’ajoutent, pour les DRH à l’inflation, aux difficultés de recrutement et aux transitions numérique et écologique, posent la question de l’outillage des DRH pour y faire face.