Les points clés
- Pour les enseignes omnicanales, la facturation des retours en ligne est un pari gagnant : génération de trafic en magasin, et achats additionnels
- Leur rentabilité étant mise à mal, plus de pure-players devraient adopter les retours payants en 2023
- Les retours payants impliquent de proposer un niveau de service supérieur
- Augmenter le franco de port pour la gratuité des commandes e-commerce est une alternative à la facturation des retours
Dans le secteur de la mode, instaurer des retours e-commerce payants est devenu une nécessité chez certains acteurs depuis le covid-19. En France et au Royaume-Uni, où respectivement 21 % et 33 % des ventes de mode se sont faites en ligne en 2021, les taux de retours avoisinaient les “20/30 % avant le Covid alors que l’Allemagne était déjà aux alentours de 50 % du fait de sa culture historique de la VPC, explique Cédric Rossi, analyste chez Bryan, Garnier & Co. Aujourd’hui, le taux de retours en Allemagne a peu progressé mais il a explosé en France et au RU, où il a augmenté de 10 à 15 points par rapport à 2019.” Ce changement de politique intervient au moment où les ventes de mode en ligne ralentissent, comme pour Boohoo et Asos.
Cette hausse des retours est liée également au changement de mix dans les catégories. “En 2020 et 2021, on était plutôt sur des achats de vêtements confortables mais depuis l’année dernière, avec la reprise des événements sociaux, des marques comme Hugo Boss enregistrent des croissance assez forte sur les robes de soirée et les costumes”, poursuit Cédric Rossi. Or, cette typologie d’articles est beaucoup plus sensible aux tailles et à la coupe, principale raison des retours, par rapport à un jogging ou à un sweat”.