Allemagne : le licenciement de 10 000 salariées de Schlecker déclenche une tempête politique et idéologique qui dépasse le secteur du commerce

10 000 licenciements secs. L’administrateur judiciaire Arndt Geiwitz, qui a pris en main la destinée de Schlecker, entreprise qui a annoncé la fermeture de 2 200 magasins après son placement en redressement judiciaire, aura repoussé en vain l’ultime échéance pour plus de 10 000 salariées de l’entreprise (en fait 11 200 mais 1 200 ont déjà démissionné). Depuis le début de la semaine, les Länder allemands se disputent en effet sur les modalités de création et de financement d’une « société de transfert » pour amortir les conséquences sociales de ces licenciements en masse. L’idée, présentée par l’administrateur et soutenue par les syndicats et le CE central, était de créer une société d’aide au reclassement, active sur une période de 6 mois à un an. Celle-ci aurait embauché les salariées devant quitter l’entreprise avec un salaire subventionné atteignant de 80 % à 87 % de leur dernier salaire. La somme nécessaire au financement de l’opération était estimée à 70 millions d’euros. Schlecker comptait d’abord prendre un crédit puis le rembourser par la vente filiales étrangères qui, elles, ne connaissent pas les graves problèmes de rentabilité de la chaîne en Allemagne. Pour obtenir ce crédit, la caution des Länder ou de l’Etat fédéral était cependant nécessaire. Mais les ministres libéraux de l’économie des Länder de Bavière, de Basse-Saxe et de Saxe ont bloqué le montage, estimant tout à la fois qu’une société de transfert n’améliorerait pas les chances de reclassement des salariées, aboutirait à gaspiller l’argent public et s’opposerait aux principes de la libre concurrence. Dans l’après-midi du jeudi 30 mars, Arndt Geiwitz a donc fait savoir que les lettres de licenciement avaient été envoyées. 
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s à un an. Celle-ci aurait embauché les salariées devant quitter l’entreprise avec un salaire subventionné atteignant de 80 % à 87 % de leur dernier salaire. La somme nécessaire au financement de l’opération était estimée à 70 millions d’euros. Schlecker comptait d’abord prendre un crédit puis le rembourser par la vente filiales étrangères qui, elles, ne connaissent pas les graves problèmes de rentabilité de la chaîne en Allemagne. Pour obtenir ce crédit, la caution des Länder ou de l’Etat fédé

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