Que proposent les principaux partis politiques allemands sur la thématique du travail ? A première vue, on note une nette repolarisation des positions et propositions entre une droite qui propose peu et se replie beaucoup sur le cadre national, et une gauche qui voit dans ce champ thématique des possibilités réelles de faire avancer l'intégration européenne. Souvent moteur des réformes européennes, l'Union conservatrice (CDU/CSU) d’Angela Merkel, freinée par une division encore mal résorbée et un processus de passation des pouvoirs en cours entre Mmes Merkel et Annegret Kramp-Karrenbauer, est la grande absente du sujet. Elle se montre exceptionnellement frileuse et floue.
Union démocrate-chrétienne (CDU/CSU) – lien vers le programme ici.
- Pas de salaire minimum européen, ni de cogestion étendue. La CDU/CSU plaide pour la défense et l’extension à toute l’UE de minimas sociaux dans le monde du travail, tout en précisant que « tout ne se règle pas avec de l’argent ». De quels minimas s’agit-il ? Le programme ne les nomme pas. En revanche, la CDU/CSU estime que les systèmes de protection sociale, la régulation du salaire minimum ou l’assurance-retraite doivent rester du ressort des États nationaux. A l’opposé de « l’Europe sociale » demandée par les partis sociaux-démocrates et de gauche, la CDU/CSU s’oppose à ce que Bruxelles intervienne sur les lois nationales réglant la représentation des salariés ou encore la protection du travail.
- Flou artistique, sauf pour une garantie d’apprentissage. Pour les conservateurs allemands, les conditions qui encadrent la mobilité des travailleurs dans l’UE doivent en revanche être améliorées. Mais rien de précis n’est annoncé, si ce n’est qu’il faudra mieux coordonner des mesures qui se devront d’être moins bureaucratiques. La future Autorité européenne du Travail, sur la création de laquelle les ministres de l’Emploi de l’UE se sont accordés en décembre 2018 (v.
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