- Que nous dit l’épisode Lepaon* sur l’état de la CGT ?
Jean-Marie Pernot. Cette crise ne sort pas du néant : il faut la mettre en ligne avec les diverses tentatives inabouties de mise en mouvement de l’organisation. Partons de la période Viannet** : il fait la vérité sur les effectifs de la CGT, entame une autonomisation vis-à-vis du parti communiste et prône un syndicalisme rassemblé. Il lègue en 1999 un héritage complexe à Bernard Thibault, alors figure indiscutée du renouveau de la CGT. Celui-ci poursuit le désengagement à l’égard du PC, mais se montre peu adepte du syndicalisme rassemblé après la rupture de 2003 avec la CFDT***. Au fil des années 2000, la CGT se remet au centre du jeu social, affirme son ouverture à la négociation et se trouve au cœur des grandes mobilisations de la période (1995, 2003, 2006, 2009, 2010).