Les points clés
- Les revenus cumulés du Top 11 s’élèvent à US$ 1920 milliards. En moyenne, ce cumul a progressé de 2,9 % en 2024. Stable à 2023, où la progression était de +3 %.
- Walmart, Costco et Kroger, les trois plus gros retailers alimentaires en termes de CA, sont les seuls à avoir amélioré leur marge opérationnelle et leur marge nette.
- Alors que l’e-commerce ne parvenait pas à dépasser les 18 % des ventes, en 2025, ce plafond a été percé par Target, à 19,6 %.
- La part des ventes en ligne a le plus progressé chez Walmart : de 15,4 % en 2023, elle est passée à 18 % en 2024.
Pour la 4e année consécutive, mind Retail a compilé et analysé les indicateurs financiers des plus grands distributeurs alimentaires mondiaux : chiffre d’affaires (CA), croissance des ventes retail, part des ventes en ligne, marge opérationnelle, marge nette et capitalisation boursière (voir méthodologie). Ce baromètre intègre onze leaders mondiaux du secteur : Walmart, Costco, Kroger, Target, Ahold Delhaize, Seven & I, Carrefour, Albertsons, Tesco, Aeon et Schwarz Group. Il compare leurs performances respectives de 2017 à 2024. Aldi ne publiant plus ses atterrissages annuels depuis 2021, ce dernier n’a pas pu être incorporé au panel.
En Europe et aux USA, l’inflation alimentaire a atteint 1,9 % en 2024
Cette année encore, le secteur de la distribution alimentaire a été marqué par une grande instabilité, (inflation, guerres, tensions de supply-chain…) et toujours de forts arbitrages dans les dépenses des consommateurs. Dans la Zone Euro, l’IPCH (indice des prix à la consommation harmonisé) a baissé de 3 points en un an, à + 2,4 % entre décembre 2023 et décembre 2024. Dans l’alimentaire, la hausse atteint + 1,9 % (Eurostat), en fort ralentissement. Pour rappel, l’inflation alimentaire avait augmenté de 11,8 % en 2023, après + 10,5 % en 2022. Sur trois ans glissants, l’inflation sur les produits alimentaires a atteint 25,4 %.
En France, où l’inflation alimentaire est à 1,8 % en 2024, les ventes volumes de PGC / FLS ont continué de chuter. En 2024, selon Circana, leur baisse a atteint – 0,9 % tous circuits confondus (e-commerce, hypers, supers, proximité et discount), après une baisse de 3,1 % en 2023 et de 4,3 % en 2022. Si l’on prend 2021 comme base 100, la baisse atteint 8,1 % en volumes en trois années cumulées. En termes de valeur, le panier moyen a baissé de 2 % en un an. “Avec des prix 21 % plus élevés qu’en 2021 en moyenne en GSA, les Français restent vigilants sur le montant de leurs courses du quotidien”, indique un porte-parole de Circana.
Sous la pression de la flambée des prix alimentaires, de la hausse des salaires, des charges patronales, de l’augmentation des coûts énergétiques et des tensions sur la chaîne d’approvisionnement, les distributeurs alimentaires européens voient leurs marges s’éroder. Pour préserver leur rentabilité, ils misent sur des stratégies de consolidation à grande échelle. Selon Kantar, en Europe, les enseignes les plus rentables sont en moyenne 35 à 50 % plus grandes que leurs concurrentes, avec une marge d’EBITDA supérieure de 0,8 point. Cette envergure leur permet d’investir massivement dans les achats, l’automatisation logistique, les technologies, l’IA et les marques propres. Dans ce contexte, les opérations de fusion-acquisition dans l’alimentaire ont augmenté de 31 % depuis 2019 en Europe. À l’image d’Ahold Delhaize, qui a réalisé deux acquisitions en Belgique et en Roumanie, les grands distributeurs cherchent à renforcer leurs synergies à l’échelle, sur plusieurs pays. Selon Daniel Ducrocq, vice président retailer services pour l’Europe de l’Ouest chez NielsenIQ, “la concentration est quasi inéluctable dans pas mal de pays. Globalement, on voit que les leaders vont bien, mais les acteurs en queue de peloton souffrent et certains vont disparaître. L’inquiétude sur la rentabilité est forte. On l’a vu en France en 2024 (Cora et Casino), en Belgique (Mestdagh par Intermarché en 2023) et en Suède (City Gross par Axfood).”Aux USA, l’inflation a été plus modérée. L’IPCH y a reculé de 0,4 point, à + 2,6 % en 2024. Pour les produits alimentaires, elle a reculé de près de 3 points, à + 1,9 %, soit un niveau équivalent à l’Europe. À fin novembre 2024, aux USA, les ventes alimentaires en valeur (directement impactées par l’inflation) ont augmenté de 1,2 % en un an.
Avec un CA de US$ 81 milliards, Tesco prend la 9e place à Albertsons
En 2024, les revenus cumulés des 11 plus grands retailers alimentaires ont atteint US$ 1920 milliards.