Qu’est-ce qui a cette fois permis l’accord sur le principe d’un texte régulant le télétravail au niveau européen ?
La Confédération européenne des syndicats a beaucoup poussé pour. Le télétravail, qui concerne 30 millions de travailleurs en Europe, devait être encadré de façon harmonisée et il était important que le dialogue social européen reprenne sa place. Les dernières avancées sociales sont plutôt venues d’initiatives de la Commission, comme sur le salaire minimum. Avec la CES, nous nous sommes engagés, avec l’agenda social, à négocier un accord-cadre qui a vocation à devenir une directive européenne. J’ai été sévère avec le patronat européen ces dernières années, qui manifestait plus de volonté de faire du lobbying que de s’impliquer dans le dialogue social, il y a là une inflexion que je salue. Mais je ne suis pas naïf, il y aura des résistances et le télétravail est aussi devenu un avantage concurrentiel pour les entreprises.