Quelle est la genèse de l’accord ?
C’est un accord d’accompagnement au déploiement de l’IA qui est en fait un accord de dialogue social puisqu’il met en place une commission du CSE central de l’UES (5 300 salariés sur les 10 500 du groupe, ndlr). C’est un accord un peu expérimental, signé le 5 novembre dernier qui doit durer deux ans avec une échéance fin 2027. Pour l’annoncer, nous avons aussi attendu qu’il soit mis en œuvre : notre première commission a eu lieu le 5 février dernier. Nous avons d’abord défini une feuille de route sur l’IA fin 2024 au niveau stratégique. Nous sommes passés par un prestataire pour effectuer le recensement de ce qu’il se passe dans les secteurs qui nous concernent, c’est-à-dire l’immobilier, le logement social mais aussi la construction. Il s’est agi pour notre direction de déterminer un certain nombre de domaines prioritaires en fonction mais également à partir des expérimentations menées par certains de nos salariés et de nos directions. C’est le cas par exemple pour la maintenance prédictive des ascenseurs mais aussi pour les changements de résidence de nos clients locataires, par exemple lorsque la famille s’agrandit. C’est un sujet qui se pose à tous les bailleurs sociaux. Nous avons également un grand domaine d’opportunité autour de la gestion documentaire car chaque logement représente une liasse et nous en possédons 560 000. Enfin, il y a un domaine autour de l’efficacité des salariés et nous espérons avoir un chatbot RH un jour.
Une charte IA pour définir les règles d’utilisation pour les collaborateurs et les engagements du groupe
CDC Habitat a adopté en septembre 2025 une charte d’usage de l’intelligence artificielle (en pièce jointe) après que le CSE a rendu un avis favorable. Elle engage les salariés à suivre une sensibilisation obligatoire et interdit d’utiliser des systèmes d’IA non sélectionnées par le groupe. Elle demande également de veiller à la sécurité des données, de ne recourir à l’IA que lorsque c’est nécessaire afin d’en faire une “utilisation écoresponsable” et de vérifier ses résultats. En parallèle, le groupe s’engage à former, à utiliser l’IA dans une “logique de support à l’activité humaine”, à utiliser une grille d’éligibilité en fonction des risques préalablement à l’introduction d’un outil et à mettre en place une gouvernance des données.