Italie : le parquet de Milan ordonne à 4 plateformes l’embauche de plus de 60000 livreurs

Cet article vous est proposé gratuitement par la rédaction.
Lancez votre essai gratuit de 1 mois pour découvrir l’ensemble de nos contenus

Le parquet de Milan a décidé de frapper fort. A l’issue d’une enquête entamée en 2019 après des accidents de la route concernant des livreurs à vélo, les procureurs exigent la régularisation de 60 519 travailleurs des plateformes Foodinho-Glovo, Uber Eats Italy, Just Eat Italy et Deliveroo Italy. Le parquet donne 90 jours aux entreprises pour s’exécuter et fournir aux livreurs un contrat garantissant la prévention des accidents et une protection sociale. Les plateformes sont aussi condamnées à rembourser les cotisations sociales et à des amendes d’un montant total de 733 millions d’euros, un montant qui pourra être quadruplé avec le risque de sanctions pénales pour leurs dirigeants si elles échouent à mettre en application les embauches dans le délai imparti. L’enquête, menée par la gendarmerie et l’inspection du Travail, a commencé avec un contrôle aléatoire sur 30 livreurs puis s’est appuyée sur des interrogatoires de 1000 livreurs officiant dans la région de Milan avant de s’étendre aux plus de 60 000 livreurs qui ont travaillé pour les 4 plateformes depuis 2017 dans toute l’Italie. Les conclusions pointent un algorithme qui attribue plus de courses aux livreurs plus rapides, performants et disponibles, ce qui favorise un comportement dangereux sur les routes et met en danger les livreurs. “La possibilité de ne pas donner de travail à ceux qui s’étaient arrêtés pour des besoins physiques” et celle de fournir moins de courses aux livreurs qui sont moins haut dans le classement de l’algorithme qualifient “une relation de travail subordonnée” selon l’enquête citée par La Reppublica. Les 4 entreprises devront donc former les travailleurs, évaluer les risques et fournir les équipements de travail adéquats pour protéger les livreurs. Selon le Corriere della Serra, les plateformes incriminées pourraient choisir de quitter l’Italie. Deliveroo Italie pour sa part se dit en désaccord « avec le tableau qui a été représenté par l’Inspection du travail et le parquet de Milan » et prévoit de contester la décision devant les instances appropriées. « Les documents transmis font référence à d’anciens contrats : depuis novembre 2020, en effet, les contrats des livreurs qui collaborent avec Deliveroo sont régis par de nouveaux contrats individuels qui se réfèrent à la convention collective nationale des riders (sur cet accord très polémique v. dépêche n°12130).  » L’entreprise affirme que « cette décision n’a aucun impact sur les activités actuelles de Deliveroo en Italie ».

Vous avez une information à nous partager ?
Nos autres services
mind Research
Décider : un service de recherche et de market intelligence sur mesure pour alimenter vos analyses et appuyer vos prises de décisions.
En savoir plus
mind Ads
Communiquer : des dispositifs sur mesure pour maximiser votre visibilité et engager une communauté de professionnels qualifiés.
En savoir plus
Ce que vous devez absolument lire cette semaine
Les contenus essentiels de la semaine sélectionnés par la rédaction.
Voir tout
UE : le Conseil freine l’allègement des garanties sociales sur les textes numériques proposé par la Commission
L’info. Le 21 octobre 2026, le Conseil de l’UE a défini son mandat de négociation sur le digital omnibus, proposé par la Commission en novembre 2025 pour assouplir...
Croatie : augmentation du salaire minimum de 7,6% à compter du 1er janvier 2027
L’info. Le Conseil des ministres croate a adopté, le 29 octobre, un décret fixant le montant du salaire minimum pour 2027. Celui-ci passera de 1 050 euros brut mensuels...
Royaume-Uni : les syndicats bénéficient désormais d’un droit d’accès légal à l’entreprise
L’info. Depuis le 30 octobre, les syndicats britanniques (certifiés indépendants) peuvent accéder physiquement aux locaux des entreprises de plus de 21 salariés...
Espagne : les entreprises de la métallurgie réduisent les compléments de salaire en cas d’arrêt maladie
Pour freiner l’absentéisme, les partenaires sociaux espagnols du secteur de la métallurgie introduisent de nouvelles clauses dans les conventions collectives régionales pour réduire la part...
Les articles les plus consultés du mois sur mind RH
Ce sur quoi les lecteurs cliquent le plus le mois dernier.
Ce sur quoi les lecteurs cliquent le plus le mois dernier.
1
France : après l’essor post-Covid, les grandes entreprises réduisent la voilure sur le télétravail
Dans le contexte de l’après-pandémie, les grands groupes français ont multiplié les accords de télétravail généreux avant d’infléchir la tendance dès 2024. Quelle est l’ampleur du phénomène ? mind...
2
France : La Poste renforce le pilotage régional de sa gestion des emplois et des compétences
L’accord de gestion des emplois, des parcours professionnels et de la mixité des métiers 2026-2028 de La Poste met l’accent sur l’accompagnement des mobilités et des reconversions, en s’appuyant...
3
France : comment CDC Habitat veut mieux valoriser l’expertise de ses salariés
La branche logement du groupe public Caisse des dépôts et consignations CDC Habitat, 10 800 salariés, a défini de nouvelles mesures sur les compétences en juillet. Elles sont définies dans deux...
4
Allemagne : le patronat veut limiter les droits des comités d’entreprise
La Fédération des employeurs allemands (Bundesvereinigung der Deutschen Arbeitgeberverbände - BDA) a publié, fin septembre, un rapport dans lequel elle propose une “modernisation fondamentale” de...
5
France : Malakoff Humanis s’appuie sur le dialogue social pour intégrer l’IA au sein du groupe
La direction du groupe de protection sociale Malakoff Humanis (10 500 salariés en France) et les organisations syndicales représentatives ont conclu le 15 septembre un accord relatif au...
6
France : Iliad structure sa gestion des compétences autour de l’IA
L’info. Le 9 avril, Iliad (11 600 salariés en France), maison mère de l’opérateur téléphonique Free, et ses organisations syndicales...