Le Centre pour les droits sociaux et du travail (Trudprava) s’apprête à publier un rapport sur les conflits collectifs de travail en Russie l’an dernier : 409 actions, soit 40% de plus qu’en 2014, avec un pic en décembre. Du jamais vu depuis huit ans de monitoring. Dans de nombreuses régions, de plus en plus d’entreprises peinent à payer leurs salariés, faisant croître le mécontentement. Les protestations deviennent plus radicales, moins isolées et touchent des secteurs auparavant peu combatifs.
La vague a commencé en décembre 2014 et n’a cessé de progresser en 2015, selon l’auteur de l’étude, le sociologue Piotr Bizioukov. Signe d’une radicalisation, plus de 40% des protestations s’accompagnent d’un arrêt de travail, contre un tiers les années précédentes. Les syndicats recourent plus fréquemment à l’article 142 du Code du travail, autorisant le salarié à s’absenter en cas de retard de paiement supérieur à 15 jours (cf article n°9234).
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